A qui s'adresse cette certification eIDAS ?
La certification s’adresse aux organisations assurant ou proposant un service de registre distribué dans un contexte nécessitant un haut niveau de preuve, de confiance et de conservation durable. Devenir un Prestataire de Services de Confiance Qualifié (PSCo) sur ce périmètre est un atout stratégique pour :
- Les prestataires Blockchain et DLT (Distributed Ledger Technology), les acteurs de l'écosystème Web3 opérant des registres partagés qui souhaitent transformer leur solution technologique décentralisée en un tiers de confiance reconnu juridiquement au niveau européen.
- Les acteurs de la Supply Chain et de la logistique nécessitant une traçabilité infaillible et opposable (ex: Passeport Numérique Produit, suivi des matières premières).
- Le secteur financier et bancaire gérant des transactions, des actifs numériques ou des smart contracts exigeant une preuve d'antériorité et de séquence indiscutable.
- Les autorités publiques et étatiques responsables de la gestion de registres administratifs, fonciers ou juridiques.
- Les opérateurs d'infrastructures critiques et d'énergie (ex: certification de l'origine de l'énergie verte, certificats carbone).
Quels sont les enjeux de la certification eIDAS pour les exploitants de registres ?
Pour les acteurs technologiques et industriels, la qualification eIDAS v2 d'un registre électronique répond à 4 enjeux stratégiques majeurs :
- La présomption légale d’intégrité (Effet de plein droit) : Conformément au règlement eIDAS v2, les données enregistrées dans un registre électronique qualifié bénéficient d'une présomption unique d'exactitude de la date, de l'heure et de l'ordre séquentiel de l'enregistrement. En cas de litige, la charge de la preuve est inversée : c'est à la partie adverse de prouver une éventuelle altération du ledger.
- La reconnaissance transfrontalière automatique : La qualification garantit l'interopérabilité juridique et technique du registre au sein des 27 États membres de l’Union européenne. Un enregistrement certifié en France est nativement opposable devant n'importe quelle administration ou tribunal européen.
- Un passeport pour les marchés réglementés et publics : L'inscription sur la Trusted List européenne lève les barrières à l'entrée pour contractualiser avec le secteur public, la finance, la santé ou l'industrie lourde, où la conformité eIDAS v2 devient un prérequis d'accès aux appels d'offres.
- L'immunité technologique et la pérennité des preuves : En validant l'architecture de consensus et les protections cryptographiques selon des normes ISO strictes, la certification protège l'exploitant contre les failles d'immuabilité et garantit la vérification indépendante des preuves à long terme, même en cas d'évolution de l'infrastructure sous-jacente.
Règlement eIDAS V2 pour les Registres Electroniques Qualifiés
Le cadre eIDAS v2 définit les exigences permettant de garantir la fiabilité et la continuité du service.
Le prestataire doit démontrer :
- Une gouvernance maîtrisée du service (processus, responsabilités, supervision);
- Une sécurité robuste couvrant l’infrastructure distribuée et les mécanismes cryptographiques;
- La traçabilité complète des opérations inscrites dans le registre;
- Des mécanismes garantissant l’immutabilité et la preuve d’intégrité des données;
- Des modalités assurant la conservation dans la durée et la vérification indépendante des preuves.
Le service est évalué sur la base des normes européennes des Prestataires de Services de Confiance (PSC) :
| Référence | Statut | Objet | Rôle dans l’évaluation | |||
| ETSI EN 319 401 | Norme Européenne | Exigences générales applicables à tous les services de confiance | Cadre de gouvernance, organisation, sécurité et contrôle interne du prestataire | |||
| ISO 23635:2022 | Norme Internationale | Architecture de référence des systèmes de registres distribués (DLT/Blockchain). | Définit les propriétés attendues de l'infrastructure : immuabilité, chaînage des enregistrements, prévention des altérations. |
|||
| ISO 23257:2022 | Norme Internationale | Lignes directrices pour la conception et l'évaluation des services DLT. | Base directe pour l’audit de certification technique et cryptographique du registre. | |||
| AI 2025/2531 | Acte d'Exécution (UE) |
Règlement fixant les exigences techniques applicables aux registres qualifiés. |
Règle de droit opposable imposant l'usage de ces normes pour l'inscription sur la Trusted List (EUTL). |
Le cadre technique ISO (23257 / 23635) et eIDAS v2 imposent notamment :
- Des mécanismes de consensus empêchant la modification rétroactive (immuabilité absolue).
- Un horodatage sécurisé des blocs (souvent appuyé sur un horodatage qualifié ETSI EN 319 422).
- Une journalisation traçable et publiquement vérifiable.
- Une intégrité prouvable mathématiquement sans dépendre d’un tiers centralisé non maîtrisé.
- Une protection de haut niveau des clés cryptographiques utilisées pour les transactions.
La certification atteste la conformité aux normes techniques. La qualification est ensuite délivrée par l’autorité nationale de supervision, permettant l’inscription dans la Trusted List européenne (EUTL).
Gouvernance et architectures DLT : Blockchains publiques ou privées ?
Le règlement eIDAS v2 est technologiquement neutre, mais il impose une exigence stricte de responsabilité. C'est le défi majeur pour l'écosystème Web3 : pour devenir un Prestataire de Services de Confiance (PSCo), l'organisation doit être une entité juridique clairement identifiée, capable d'assumer la responsabilité légale du registre et de sa sécurité (conformément à la norme ETSI EN 319 401). Ainsi, si la technologie sous-jacente peut s'appuyer sur des architectures publiques, hybrides ou de consortium, l'exploitant du service doit prouver sa maîtrise absolue des nœuds de validation, des clés cryptographiques et des mécanismes de gouvernance.
Vos questions sur le service eIDAS : Registres Électroniques Qualifiés
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Qu'est-ce qu'un Registre Electronique Qualifié selon eIDAS v2 ?
Un Registre Electronique Qualifié selon eIDAS v2 est un nouveau service de confiance (Article 3, N°16-N) qui utilise des technologies de registres distribués (comme la blockchain) pour enregistrer des données. Son caractère "qualifié" signifie qu'il a été audité par un organisme indépendant et qu'il garantit légalement l'immuabilité, l'authenticité et la traçabilité chronologique des informations qui y sont inscrites à travers toute l'Union européenne. -
Quelles sont les normes techniques à respecter pour faire certifier un registre électronique qualifié ?
Pour faire certifier un registre électronique qualifié, un prestataire doit se conformer à la norme d'organisation générale ETSI EN 319 401, mais surtout aux normes internationales ISO 23257:2022 et ISO 23635:2022. Ces standards techniques sont officiellement imposés par la Commission européenne via le Règlement d'exécution (AI) 2025/2531. -
Quelle est la valeur juridique d'une donnée inscrite dans un registre électronique qualifié ?
La valeur juridique d'une donnée inscrite dans un registre électronique qualifié est extrêmement forte : le règlement eIDAS v2 lui confère une présomption d'intégrité et d'exactitude de la date et de l'heure de l'enregistrement. En cas de litige devant un tribunal européen, c'est à la partie qui conteste l'enregistrement d'apporter la preuve de sa falsification (inversion de la charge de la preuve). -
Quels sont les mécanismes de sécurité audités lors de la certification d'un registre DLT/Blockchain ?
Lors de la certification d'un registre DLT (Distributed Ledger Technology), les mécanismes de sécurité audités incluent la robustesse des algorithmes cryptographiques utilisés, la fiabilité de l'horodatage des blocs, les processus de consensus interdisant la modification rétroactive (immuabilité), ainsi que la protection des clés privées permettant d'inscrire des transactions dans le registre électronique. -
Peut-on certifier une blockchain publique (permissionless) comme registre électronique qualifié ?
Certifier directement une blockchain publique totalement décentralisée (comme le réseau principal Bitcoin ou Ethereum) est extrêmement complexe selon eIDAS v2, car la norme exige qu'une entité juridique (le PSCo) soit tenue responsable de la gouvernance, des failles de sécurité et des dédommagements en cas de problème. En revanche, de nombreux prestataires utilisent des réseaux de consortiums (permissioned) ou développent des couches secondaires (Layer-2) avec un contrôle d'accès strict pour garantir cette maîtrise juridique et cryptographique exigée par l'audit. -
Comment se déroule le processus d'audit avec LSTI pour qualifier un service de registre électronique ?
Le processus d'audit avec LSTI pour qualifier un service de registre électronique se déroule généralement en deux étapes : une phase d'audit documentaire pour valider la politique de sécurité et l'architecture du registre (selon les normes ISO 23257 et 23635), suivie d'un audit sur site pour vérifier l'application concrète des mesures techniques et organisationnelles. Un rapport de conformité est ensuite remis pour appuyer la demande de qualification auprès de l'ANSSI.
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